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Mar 13

Changements climatiques et mesures d’adaptation au Maroc

Auteurs : Z. ECHAKRAOUI, A. BOUKDIR, , W.BAITE, A. ZITOUNI, S. EL MOUATASSIME, V.R. EKOUELE MBAKI, H.IKHMERDI, E.BEN-SAID, L. ALILI (Université Sultane Moulay Slimane/Faculté des Sciences et Technique/Laboratoire d’Aménagement du Territoire, de l’Eau et de l’Environnement/Béni Mellal/Maroc)

Résumé : Le changement climatique, qui pendant plusieurs années avait fait l’objet de controverse, est aujourd’hui une réalité incontestable et perceptible partout à travers le monde. En effet, on assiste de plus en plus à d’intenses canicules, d’inhabituelles inondations, des sécheresses plus marquées, l’élévation du niveau des mers, des migrations exceptionnelles d’espèces animales

Le changement climatique perturbe plusieurs secteurs et affecte pas mal de ressources naturelles parmi lesquelles se distingue l’eau. Le rapport de Cap-Net (en 2006) signale que 1,1 milliard de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable tandis que deux millions de tonnes de déchets humains sont rejetés chaque jour dans les cours d’eau et que 90% de catastrophes naturelles dans les années 90 étaient liées à l’eau.

D’où l’adoption en 2000 du concept de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) dont les principes ont été publiés dans un document du GWP (en anglais : Global Water Partnership, en français : Partenariat mondial de l’eau).

Alors que le Maroc, à l’instar des autres pays de la Méditerranée, n’est pas l’abri des effets du changement climatique sur ces ressources en eau, les changements climatiques attendus pour le Maroc, auraient des conséquences néfastes directes et indirectes sur le potentiel en ressources en eau, tant du point de vue quantité que qualité.

L’eau au Maroc est un bien précieux. Si les apports pluviométriques sur l’ensemble du territoire sont en moyenne annuels de l’ordre de 130 milliards de m³, le pays ne dispose que de 22 milliards de m³ d’eau renouvelable. Les ressources superficielles actuellement mobilisées atteignent 11 milliards de m³, les eaux souterraines quant à elles représentent 4 milliards mobilisables dont 2,6 sont déjà utilisés.

Pour accompagner le développement du pays, le Maroc s’est engagé depuis longtemps dans la voie de la maîtrise de ces ressources en eau à travers la réalisation d’importante infrastructure hydraulique ce qui lui a permis d’assurer ses besoins en eau sans difficultés majeures.

En effet, le Maroc a réussi à bâtir un modèle efficient de gestion de l’eau, propre au pays et cité en exemple à l’échelle internationale.

Derrière ce succès indéniable :

  • La politique de maîtrise et de mobilisation des ressources en eau conventionnelles.
  • Le développement de l’irrigation à grande échelle. La superficie actuellement irriguée avoisine les 1.5 Millions d’hectares
  • L’approvisionnement en eau potable des populations.
  • l’aménagement des bassins versants pour la conservation des sols et la lutte contre l’érosion hydrique.

Le Maroc est un faible émetteur de gaz à effet de serre

  • 63,4 millions TEq CO2 en 2000, soit 2,1 TEq CO2/Hab./an ;
  • -75,0 millions TEq CO2 en 2004, soit 2,5 TEq CO2/Hab./an.

Mais il est fortement impacté par les changements climatiques. Parmi Les manifestations des changements climatiques on trouve :

  • Fréquence et intensité des sécheresses
  • Inondations dévastatrices inhabituelles
  • Modification de la répartition spatiotemporelle des pluies
  • Réduction de la durée d’enneigement des sommets montagneux
  • Changements des itinéraires et des dates de passage des oiseaux migrateurs

La lutte contre le changement climatique est axée sur

  • L’atténuation des Gaz à Effet de Serre (GES) via la mise en œuvre d’une politique de développement à faible teneur en carbone.
  • L’évaluation de la vulnérabilité et la mise en place d’une politique d’adaptation aux impacts du CC.

Donc Le plan d’action concerne principalement différents secteurs à savoir :

  • Le domaine de l’eau

1. Gestion de la demande en eau et valorisation de l’eau

2. Gestion et développement de l’offre

  • le Domaine de l’Energie

1. Développement de l’énergie solaire

2. Développement des parcs éoliens nationaux

  • Le domaine d’agriculture et la forêt

1. Amélioration du rendement des terres agricoles : Plan Maroc vert,

2. Reforestation : plan directeur de reboisement 50.000 ha/an.

  • le Domaine Participatif

1. les contrats des nappes

2. La réduction de la vulnérabilité aux risques naturels liés à l’eau et l’adaptation aux changements climatiques.

3. La poursuite des réformes règlementaires et institutionnelles.

4. Moderniser les stations des mesures

5. Mettre en place des observatoires

6. Développement une bonne diplomate

7. La gestion et le développement de l’offre.

8. La préservation et la protection des ressources en eau, du milieu naturel et des zones fragiles.

Au sujet de l’auteure principale : Zhour Echakraoui est actuellement inscrite en 2éme années de doctorat national ressources naturelles eau et santé sous le thème les changements climatiques dans le bassin d’Oum Er Rabia : impact et mesures d’adaptation. Elle est titulaire d’un master en sciences et technique branche Hydrologie de surfaces et qualité des eaux.  Elle est aussi titulaire d’une licence en sciences et techniques à l’Université de Sultan Moulay slimane à Beni Mellal, branche Géomatique et Aménagement du Territoire.

Mots clés : Changement climatique, mesures d’adaptation, Gestion Intégrée, Ressources en eau.

Références :

  1. Ziyad: GESTION DES RESSOURCES EN EAU AU MAROC : BILAN ET PERSPECTIVES
  2. Sinan, M. Boussetta, A. El Rherari :CHANGEMENTS CLIMATIQUES: CAUSES ET CONSEQUENCES SUR LE CLIMAT ET LES RESSOURCES EN EAU
  3. Gangbazo, (2004): ÉLABORATION D’UN PLAN DIRECTEUR DE L’EAU: GUIDE À L’INTENTION DES ORGANISMES DE BASSINS VERSANTS, QUÉBEC.
  4. R .Bouaicha, A.Benabdelfadel, 2010: VARIABILITE ET GESTION DES EAUX DE SURFACE AU MAROC.