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Mar 14

Les déplacements environnementaux: échec des politiques d’adaptation ou stratégie d’adaptation rationnelle ?

Par: Intissar BEN SBIH

IntissarRésumé: Au fil du temps, les populations ont souvent eu recours au déplacement comme méthode d’adaptation à divers bouleversements d’ordre politico-religieux, économique ou démographique. L’intensification des déplacements enregistrée depuis les années 1990 se caractérise par l’émergence de nouvelles causes, des facteurs économiques, des facteurs sociaux, des facteurs d’insécurité et des facteurs environnementaux.

Selon un rapport produit par l’organisation humanitaire britannique Christian Aid, il y aurait déjà 163 millions de personnes ayant du quitter leur foyer suite aux conflits, catastrophes naturelles et grands projets de développement (mines, barrages, périurbanisation, cultures d’agro carburants, etc.). Et, de 2000 à 2050, ce sont au moins un milliard de personnes qui devraient migrer de par le monde, dont plus de la moitié pour s’adapter au réchauffement climatique ou en fuir certaines conséquences.

Ces déplacements, qu’on peut les qualifier d’environnementaux, apparaissent comme un phénomène d’ampleur conséquente. D’abord, ils témoignent de l’échec des politiques à prévenir la dégradation de l’environnement, source de déplacement de populations. Et d’un autre coté constituent une réaction de survie de populations en danger.

Ce dilemme d’adaptation entre politique et moral, suscite un sérieux débat de gouvernance et d’adéquation. Les déplacements environnementaux doivent relever d’une stratégie d’adaptation rationnelle, au lieu d’être le signe d’un échec de l’adaptation aux changements climatiques. La communauté internationale est invitée à être proactive dans la gestion de ce phénomène. Ce nouveau modèle nécessite une plus grande prise de conscience internationale de l’importance d’un développement durable profitant à tous. Aussi une planification et une gestion appropriées des déplacements environnementaux seront essentielles pour assurer la sécurité humaine.

Mots clés : Environnement, déplacements, sécurité humaine, adaptation, vulnérabilité.

(1) Au sujet de l’auteur : Docteur en droit public, spécialité relations internationales. Professeur vacataire à la Faculté de Droit de Marrakech et à l’ENCG d’Agadir . Expert en développement durable du Centre UNESCO de Melilla

Bibliographie :

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  3. Cournil Christel, Vlassoupoulos Chloé (2015) « mobilité humaine et environnement du global au local », Editions Quae.
  4. Dechazournes Boisson (1997) «  la gestion de l’intérêt commun à l’épreuve des enjeux économiques – le protocole de KYOTO sur les changements climatiques », AFC, PP700-715.
  5. Gemenne François (2009) « Géopolitique du changement climatique » Armand colin collections, Perspectives géopolitiques, Paris.
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  10. Prieur Michel, Marguénaud Jean-Pierre et autres (2008) « Projet de Convention relative au statut international des déplacés environnementaux », REDE n° 4/2008.